Guy Don ou la vie d'un téléphage.
Guy Don travaillait à l’usine depuis une bonne dizaine d’année maintenant.
Salarié et célibataire sans histoire, il menait une vie paisible pour ne pas dire morne, et ne s’en plaignait point. Il logeait dans un petit deux pièces du 19éme arrondissement de Paris qu’il payait 4000 francs par mois. Guy Don semblait parfaitement heureux quand chaque soir, derrière le verre de ses lunettes à double foyer, il regardait la misère du monde au information, ou les âneries de quelques ânes-nimateurs dans quelques shows bien graveleux et tordus; ou ces derniers ne faisaient que prendre pour des abrutis le commun des mortels. L’éternelle silence qui habitait Guy Don, poussait ses collègues de travail à le titiller tout au long de ses longues journées d’usine. Il était en quelques sorte le bouc émissaire de ses affreux jojos, qui voyaient en lui le moyen de se donner un brin d’intelligence et d’importance, en le rabaissant par divers vannes bien grassouillettes et dégueulasses. Ce dernier n’y portait point importance, et ne voyait aucune raison de répondre à ces saligauds d’ouvriers, qui passaient leurs journées a parler de la grosse qu’ils avaient tronchés la veille; ou de la canette de Kanterbrau qu’ils avaient descendus cinq secondes plus vite que leurs beau-frère Marcel, le cousin germain de René celui qui a la maison dans le Lavandou. Le plus grand et unique plaisir de Guy Don, consistait à se rendre chaque mardi matin chez son libraire favori, ou avec une hâte sans égale, il s’empressait d’acquérir pour quelques euros symboliques sa bible hebdomadaire ; Son Télé-Maboul ! Cet hebdomadaire aux 82 pages, lui permettait tout comme Télé-Cloche ou Télé-7-Tours, d’être correctement informé des programmes de ses téléviseurs. Je dis ses, car il faut savoir que Guy Don contrairement à mon oncle, en possédait trois. Il y en avait un dans le salon, un au pied de son lit ; et un autre dans la cuisine ! Il pouvait ainsi naviguer dans les 35 m2 carré de son appartement, sans perdre une goutte de ces fameux programmes télévisuels dont il raffolait, et qui constituait sa seule culture et sa seule communication avec le monde dit : extérieur...la société ! Il connaissait si bien la grille des programmes, qu’il en avait oublié le prénom de son voisin et l’amour de sa femme, partie depuis bien longtemps voir ailleurs si c’était pas mieux. Selon le sens figuré du Petit Robert qui en sait beaucoup pour son âge, un drogué est une personne « intoxiqué par quelque chose comme une drogue » ! Dans ce cas présent, nous pourrions donc dire, que Guy Don, était quelqu’un d’intoxiqué par quelque chose comme une drogue, qu’il est convenu d’appeler… T.V !! & Pour la suite de cette nouvelle et des autres, merci d'acheter mon nouveau recueil non disponible(momentanément?) dans toutes les meilleures librairies et même ailleurs d'ailleurs. Merci à tous, merci pour tout; merci tout court. Parution donc; Septembre 2004.
à 12:41