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Paul Hochon. Recueil de Nouvelles. 2004

Il s’appelle Paul, Paul Hochon de son état civil.
Il est né le 22 avril 1952, à 00H42 ; sur la table de travail n° 2 dite table « d’accouchement n° 2 »; ou précisément, dans un mélange de douleur et de beauté ; sa mère travaillait pour accoucher.
Ne connaissant alors rien du monde extérieur qui l’attendait, il était apparu aux yeux de tous nu comme le père Adam. Son propre père lui, qui n’avait rien à voir avec le Père Adam, avait préféré suivre l’événement de loin. Il s’était glissé dans une banquette en Skaï du petit bar face à la clinique, avec pour faire passer le stress…une petite prune au fond d’un verre. Insouciant comme une cerise dans un arbre, il n’avait ressenti alors aucune gène quant à la nudité gracieuse et duvetée qu’il affichait. Paul Hochon ne connut la honte que bien des années plus tard ; au cours de l’été 82…

Il faisait chaud ce jour-là, le soleil tapait fort sous les crânes ; et Paul Hochon avait mal dormi avec son nouvel oreiller. Il portait une humeur vaseuse, et déjà, depuis le matin ; il y voyait un peu flou et peu rien. Il sentait flotter dans l’air comme quelque chose de bizarre ; comme quelque chose de mystique. Bien que tracassé par ce sentiment peu commun à ses journées souvent communes, il n’en fît point part à Josiane Hochon, comprenez Madame Hochon ; qui siégeait en cette Sainte journée de juin 1982, à la place du mort c’est à dire à la droite de son mari, qui tenait fier entre ses mains, le volant de leur 504 beige vrombissante sur le périphérique ouest.
Ils avaient décidé d’amener Léon, fruit de l’amour Hochon ; au château de Versailles ! Paul, lui-même passionné du classicisme français, avait tenu à nourrir au plus tôt la rétine de sa chair, de cette belle et imposante architecture qu’il aimait tant. C’est que le soir ou il fit la connaissance de Josiane à la gare de l’Est en 67, il en avait enquillé des détails sur Louis XIV, il lui a fait un cours d’histoire sur le 16/17éme siècle ; qu’elle n’en revenait pas ! Dix ans d’enseignement dans ses bagages ; et elle n’avait jamais rencontré de personnes aussi calées…même dans le nord !
Professeur d’histoire à l’université de la ville de Perles, jamais elle n’avait délivrée si bonnes notes, que lorsqu’elle écoutait le fruit des recherches que Paul vouait à cette partie de notre histoire.
Notons que le contexte était différent ; car si Josiane partageait avec Paul mille et un plaisir de la vie à deux, elle entretenait en revanche avec ses écoliers de Perles, des relations purement scolaires.
Après deux heures de routes et deux litres de sueur plus tard, il avait déposé la famille Hochon au milieu d’un flot de touristes Venus de Millos et du monde entier, qui après avoir vécu le calvaire des voyages en bus, découvraient de leurs sens, l’essence de Versailles !
Mais Aïe ! ! Paul se sentait toujours mal ; et ceux depuis le réveil ! Déjà, quand il s’est retrouvé seul sur le parking tout à l’heure pour garer la voiture, y’a ce truc bizarre qu’est revenu ! Comme un étourdissement !
Alors que Josiane achetait une glace vanille fraise et une orange pressée à Léon, le pauvre Paul (Popol), s’adonnait contre son gré aux difficultés de garer une berline bien carrossée sans direction assistée. Le soleil, qui une fois encore tapait fort sous les crânes et fort chaud sur les bras aux travers de la vitre de l’auto, accentuait gravement l’état de sueur et l’état tout court dans lequel Popol évoluait. Le moindre geste lui pompait un max d’énergie, il se sentait de plus en plus faible. Il voyait bien qu’au loin, Josiane l’observait dans ses manœuvres saccadées et maladroites. Ses suées collaient sa chemise Saint-Laurent à ses aisselles poilues ; et il n’aimait pas çà ; ça le mettait mal à l’aise !
Ses mains toutes molles s’écrasaient sur le volant comme des toiles cirées sur une table. Il avait le souffle court la vue trouble et les pieds ...poites !
Avec peine, il arriva tout de même à la fin de son entreprise. Le véhicule de marque Peugeot tatoué 504 convenablement immobilisé, il sortit de l’habitacle avec difficulté mais courage, puis une fois à l’extérieur, s’appuya discrètement sur le capot de son cheval de fer pour souffler et récupérer un peu.
Il s’en alla lalala sifflotant panpanpan droit devant vers maman, qui semblait percevoir chez son amant de mari, quelques signes pathologiques qui n’allaient pas sans l’inquiéter.

Paul, arriva vers les siens frais comme une laitue de fin de marché, et le teint aussi blanc qu’à l’intérieur d’un radis noir. Il vacillait légèrement du bassin, flageolait comme un gigot plus qu’un peu des guibolles ; mais afin de ne point susciter l’inquiétude de sa moitié, il ne pipa mot sûr.
« Allons-y ! » dit-il gaiement à sa troupe sans rien laisser paraître.

Josiane fit mine que rien ; mais quand même ! Il l’avait mauvaise la mine.
Paul et Léon firent quelques pas, quelques pas pas à pas pour le petit ; mais ma foi pas à pas pour papa dit Popol ; pourquoi pas ! - rythme bas car bas le foie- pensait Paul.

Il reprit Léon par la main, puis, accompagné de sa dulcinée d’amour ; ils franchissèrent tous trois la grande grille du château, qui déjà, rien que par la contemplation rétinienne de cette œuvre pourtant mineur à ses yeux ; absorbait Paul dans les méandres de sa passion.
Nos trois lurons dont aucun s’appelait Thierry Le, se retrouvèrent quelques temps plus tard, accompagnés d’un guide et de son chien aveugle, et de quelques touristes Japonais Hollandais Mexicains et Haïtiens ; au cœur des jardins du château de Versailles. Léon trottinait joyeusement et innocemment au gré de ses découvertes, Josiane, veste à la main car il faisait un peu chaud ; savourait ces et ses moments de bonheur et de tranquillité, passés au bras de son inséminateur ; et Popol lui… se décrochait du Monde.

Le guide commença la visite, la parole pleine de détails, il baladait son bras et ses vers sur l’horizon, démontrant tantôt l’entrée de la Galerie des glaces ; tantôt la salle d’eau des Suisses. Maximilien, fidéle ami le chien de notre ami le guide, ne se lassait jamais de cette fantastique fresque historique que lui dévoilait son maître bien aîmé. Il lui arrivait parfois d’aprouver les dires de son maître par un petit « ouaf » en fin de phrase.
Paul, qui de l’enfance à l’âge adulte avait rêvé de cette époque, prenait peu à peu un peu de recul sur ses deux.
Les spasmes étranges qu’il subissait depuis le matin déjà, revinrent au galop comme un cheval a Longchamps . Il y voyait de plus en plus flou et de plus en plus rien, et au loin devant lui, le groupe qui comprenait nos touristes Japonais Hollandais Mexicains Haïtiens mais aussi Josiane Léon le guide Maximilien et quelques autres ; commençait à se dissiper de sa vue.
Les suées diaboliques qui l’inondaient depuis le matin déjà ; refirent surface comme une marée ascendante à l’île d’Oléron.. L’espace d’un instant son œil gauche se ferma, le droit lui s’envola vers les cieux, puis ce fut l’inverse ; puis re-l’inverse ; puis un peu tout ….puis plus rien du tout !
Ce fut très court, très rapide ; deux secondes plus tard c’était de nouveau le grand jour la lumière la Vie !

Paul baignait dans un bien-être jamais égalé, il se sentait flotté dans les airs comme une plume sans oiseau. Il regarda tout d’abord le ciel ; rayonnant ! Il regarda ensuite ses mains sa peau ses souliers ; et ces longues allées du château de Versailles, où la coupe fraîche et soignée des thuyas verdoyants ; avait télétransporté son âme toute entière aux tréfonds du 17éme siècle.
La peau fardée de blanc, les lèvres rouges comme le sang, et les souliers ornés de boucles d’or ; ainsi se voyait-il évolué ; au milieu des siens des seins et des autre, qui n’était autre que pour lui ; la cour du roi et le roi lui-même. Dans les jardins que Sir Le Nôtre avait pensé pour son roi, il commença a marcher tout en étirant le pas, fièrement ; la nuque droite. Il se rapprocha du groupe qu’il avait quelque peu distancé ; puis s‘exclama d’une voix langoureuse et poussée :

- « Ne trouvez vous pas que c‘est une belle journée...hummmm. Le pétale de ma rose à sa tige à sa fleur, dans le vent voltige de sa tige à sa fleur, qui dans le vent voltige de sa fleur à sa tige... qui elle même voltige de sa ...tige à ...sa fleur...dans le vent »
Lentement et gracieusement, il détourna son regard de l’horizon, qu’il déposa en attente de félicitations sur notre groupe d’individu...calme plat !
-« Bravo papa ! ! ! »
-« Ouaff ouafff ! ! ! »
Paul 14 ne fit pas paraître sa déception, et tout comme un roi qu’il était se redressa fièrement et fit trois pas en direction de Josiane.
-« Pourrions nous peut être nous attardasse par de là ses buissonesses et voir ce qui s’en font ce qui vont là ! ! »
Il emboîta le pas a JoJo the Queen , et commença a aller plus loin dans le jardin. Le chien du guide qui heureux de cet individu non commun a ses journées souvent commune, lui emboîta le pas, naturellement suivi de nos amis japonais hollandais mexicains haïtiens ; mais aussi de notre cher guide... qui fermait la marche.
Les pas de nos compères se faisaient lents et savoureux, peu a peu la cour prenait le rythme du roi...et le roi s’exclama :

-« Dîtes a Sir Le Vau que je projette de.....-se retournant et s’adressant au haîtiens-en parlant de de cire, il va falloir vaillatte a cirasse le parquettte du grand saloon ! Et d’ailleurs a propos de vel euh du veau veuillez m’excuser mon anglais me revient ; vous me préparerez du veau farci au thon pour jeudi...pas jeudi demasse ; jeudi dans quintaine jours...OK Boniface ! ! !-puis s’adressant au mexicain- Bon nous, revenonsse a nos moutonsses et a Sir Le Vau ! Faites lui savoir que je désire agrandir l’aile droite...pour qu’elle soit plus grande...bien entendu ! Et quant a vous kombawa-il s’adressa au japonais- dîtes a Sir Hardouin-Mansart, qu’il peut aller se faire fouarasse ailleurs....je n’ai toujours pas pris ma décision ! »-il laissa échapper un pet- aaahhhh...comme il est bon de se détendre, n’est-ce paste ! ! ! »

Il fît encore quelques pas, décrocha son bras de celui de sa reine, puis regardant tout autour de lui il fît :
-« je voye que la nuitas arrivesse...je m’en vasse me coucheche...mais avant et à l’air frais ; je me sens de me mettre a l’aise l’estomac...si vous le voulez bien ! »
Il commença a déboutonner légèrement son pantalon de soie, a faire tomber ses tulles et foulards, et adressa un dernier regard fier et admiratif a son public !
Paul qui se prenait encore pour le roi a ce moment critique de la situation, s’accroupissa lentement, gracieusement ; puis referma les yeux tout en les serrant très fort afin de se vider de se qui l’incombait !

Une fois la chose faîtes, le cul au vent , Paul desserra les yeux....puis les rouvrit. Il avait la tête baissée entre ses deux jambes, et la première chose qu’il vît en ouvrant les yeux.... c’est sa paire d’adidas marron, celle qu’il avait acheté a Go sport l’an dernier. C’est à ce moment là qu’il sentit comme quelque chose de bizarre ; quelque chose d’étrange !

La seconde chose qu’il vit et qu’il sentît , c’est la queue de Maximilien qui lui fouettait la jambe en remuant de tout coté. Lequel chien si heureux d’un si marrant partenaire ; lui assigna une grosse lichette en guise de sympathie !
Puis après quoi, quand Paul releva la tête, il se trouva confronté aux regards médusés des seins des siens et des autres, qui n’étaient autres que pour lui ; que nos touristes haïtiens mexicains japonais et notre guide versaillais !
Le regard de notre pauvre Josiane, fut le dernier qu’il croisa. Josiane était livide inerte incapable de la moindre réaction ! Leurs regard se bloquèrent, tandis qu’a quelque mètres de la, dans une insouciance rarement égalé...Léon s’amusait a creuser la terre avec un morceaux de bois.
Ecrit par WUS, le Mercredi 3 Mars 2004, 11:17 dans la rubrique "t".
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Commentaires :

  guizmoune
18-03-04
à 15:13

Lol !

Coucou Wus !

Bon alors après avoir imprimé conscienscieusement ton texte ci-dessus et après l'avoir lu 2 fois de suite (bin oui c'est ce qu'il faut), je n'ai pas tout compris, mais c'est marrant....

Voilà, donc à me donner des explications plus poussées serait peut-être bienvenu.

Grosses bises,

Guizmoune


  WUS
18-03-04
à 17:25

Ah !!!!

Bon, c'est pasbon signe çà si tu n'a pas tout compris !!!!

Bref quelques retouches s'imposent sur ce travail,mais de là a ne pas comprendre bouh !!

En tout cas merci encore une fois de ton avis

wus

A pluche

ps : je vais publier bientôt une partie suplémentaire dans l'esquisse que j'ai publié l'autre matin