Pierre pour la derniére fois.
J’étais vautré ce soir-là tel une larve dans le moelleux de mon moelleux canapé. Je sirotais une desperados fraîche, en écoutant la même musique depuis bientôt trois heures. J’avais envie de sexe pour me détendre, et n’avais pas envie de me fumer un joint pour combler ce manque.
Le probléme était que je possédait l’herbe pour faire un joint, mais n’avais pas de femme pour. L’optique en ce moment, c’est d’arrêter de fumer des joints. Mais si en même temps, la vie ne me donne pas les moyens de mettre en oeuvres les chantiers nécessaires dans des conditions optimales, je ne peux pas tout gérer moi-même ; j’ai besoin d’aide !
Au bout d’un moment donc, je décidai de fumer un joint et de me branler un coup. Comme-çà, d’une pierre deux coups ! Si je dois être franc quant à la teneur en positivité physique et mentale de ma petite branlette, je dois avouer qu’elle ne restera pas dans les archives, elle restera certes ; mais pas dans les archives. Ma relation sexuellle avec moi-même me fît quelque peu culpabiliser, je n’en tirai aucune satisfaction. De voir mon sperme comme-çà échoué sur mon torse bronzé, m’a d’un seul coup…démoralisé ! Je me retrouvais là tout seul, avec un peu de sperm sur ma main et un peu de sperm sur mon torse…quel joie, quel amour ; quel relation ! Tout seul, au milieu de mon appartement, sur ma chaise en bois, avec mon sperm et mon kiki tout rikiki au creux de ma mimine. Bien, bien bien bien !! "Monsieur Clément, je crois que vous êtes sur la bonne voie…continuez tout droit; vous irez loin". J’ai refermé les fichiers de mon ordinateur, je me suis essuyé le torse et rincé les mains ; puis je me suis raffalé dans le moelleux de mon moelleux canapé. J’avais entrepris un nouveau livre, la cigarette au coin du bec, je relisais les derniéres idées ajoutées! C’était assez noir, peut-être sanglant; je ne sais pas encore! J’écrivais l’histoire d’un type qui subissait ses pulsions sexuelles. Je n’avais encore jamais tenté ce style de récit. Commencé depuis maintenant deux mois, le personnage principal du livre commençait tout juste a se mettre au service de ses pulsions. L’autre soir, alors que Pierre le personnage de mon livre ressentait le besoin de sortir faire un tour dans le noir de la nuit, c’est moi-même Théophile Clément Auteur des hauteurs, qui ai chaussé mes baskets et enfilé ma parka, et ai pris le chemin du noir de la nuit. Je suis arrivé vers 22h45 au alentour de La Bastille, on était jeudi et c’était relativement calme. J’ai pris une biére en terrasse à l’Indiana, puis ai repéré cette jolie brune, idéal. J’ai attendu quelques minutes qu’elle quitte la cabine téléphonique ou elle se trouvait, pour la voir partir direction boulevard Richard Lenoir. J’ai sifflé les trois quarts de ma biére et laissé le prix exact de ma consommation sur ma table, puis je me suis engagé sur les pas de la belle inconnue. J’ai refait un sens inverse le chemin qui m’avait mené jusqu’à l’Indiana. Remonté le boulevard Richard-Lenoir dans la ligné des pas de l’inconnue. Elle a quittée le boulevard au numéro 76 pour prendre la rue Saint-Anne. Je la suivais, et les pulsions de Pierre commençait a palpiter au fond de moi. Mon souffle saccadait, mes mains mes lévres commencaient a trembloter doucement, et des flashs des visions des images parvenaient à mon cerveau. Je voyais cette fille seule, chez elle, et Pierre caché dans un recoin du salon, entré là par un moyen encore inconnu ; l’observait. Toujours rue Saint-Anne, la brune s’arrête devant une porte cochére vert bouteille, fouille dans son sac. Je suis-là, à quelques pas, j’attends. Que ferait Pierre à cet instant, à ce moment précis ? Avancerait-il, reculerait-il ? Céderait-il à cette tension, cette pulsion sexuelle qui le dépasse. Avancerait-il de quelques pas ? Lui adresserait-il la parole, prétextant une raison tout aussi banale que du feu pour sa clope, ou la direction du métro ? Que ferait-il ? La brune sort enfin son trousseau de clé. J’effectue une dizaine de pas, me retrouve à sa hauteur, nuit noire air lourd ! Mon cœur palpite comme jamais ; j’ai peur ! Je marche jusqu’à cette porte cochére, numéro 36 rue Saint-Anne ; dans ma poche ma main saisie mon sexe qui se durcit ! Tout en insérant la clé dans la serrure, elle léve la tête à mon passage, je la regarde ; la fixe. Mes lévres tremblent. Dans une voix glacée et ténébreuse, tout en soutenant son regard, je lui lâche un bonsoir. Elle me rendit ma politesse, nos regards se soutiennent ; se figent. Cet instant a dû durer deux secondes, il m’a paru une éternité. J’enchaînai quelques pas, puis quand la brune fût entrée dans la cour, je revîns en arriére discrétement. Je retînt la lourde porte qui se refermait, et je pûs l’apercevoir dans le fond de la cour. Elle s’affairait a ouvrir ce qui semblait être la porte de son appartement située en rez-de-chaussée. A l’instant ou sa main abaissa la poignée, avant de disparaître derriére l’épaisseur de ses murs ; la jolie brune détourna la tête en direction de la porte cochére légérement entre-ouverte. Elle marqua un court instant, puis elle disparue. Au moment ou elle posa son regard sur la porte, je me décalai vivement de l’embrasure qui me permettait de l’espionner, et abatit de tout son poids mon dos musclé sur le mur jouxtant le vert bouteille. J’étais paniqué ; tout tremblant. Mon souffle semblait incapable de reprendre un rythme normal.Je fermai les yeux, lâchai mes bras le long du corps ; et tentai de me ressaisir. Je sentais mon estomac bloquer ma respiration, mes yeux semblaient fixer le néant, incapable d’aperçevoir quelque chose de réel. Après quelques minutes, je me remîs a marcher, a m’éloigner de cette entrée. Je reprîs le chemin de mon domicile, et arrivai face à mon écran prés d’une heure après. Je n’avais eu de cesse de penser à Pierre, à la brune, à la raison qui le pousse ce soir-là à suivre cette inconnue. A suivre ses pulsions. Pourquoi Pierre avait-il ces pulsions ? Pourquoi ressentait-il le besoin d’une telle relation ? Je m’attablai. Entourant mon clavier, mon bloc-notes, des notes des feuilles vierges. Il n’y avait pas un bruit ; tout était calme. Je commençais tout au fond de moi a ressentir et revivre cette soirée dans la peau de Pierre. Je suis Pierre, et je le vois aussi. Pierre me donne du courage, il peut aller jusqu’au bout, il peut dépasser le point ou je m’arrête. Il peut pousser la porte cochére si il veut ! Il peut rentrer dans la cour en même temps que la brune, il peut même aller chez elle. C’est de chez moi donc, le verre de vin prés du stylo, que je suis de nouveau quelques heures plus tôt, place de la Bastille à la terrasse de l’Indiana ; et je m’appel Pierre.
J’ai travaillé jusqu’à 04h23. J’avais pû amener Pierre jusqu’ou je m’étais arrêté. En me couchant je pensai à la brune. Je retournerai demain rue Saint-Anne aux alentours du numéro 36, voir si je croise la belle inconnue. Pierre ira demain aux alentours de la rue Saint-Anne, voir si il croise la belle inconnue.En tant qu’auteur, j’avais décidé qu’il n’avait pas besoin de travailler, qu’il n’avait que çà a faire ; aller roder du côté de la rue Saint-Anne. Moi Théophile Clément, Virtuose du Robert, éxerçais mon pouvoir d’écrivain sur les ficelles de sa vie. C’est comme-çà, c’est moi le chef ; sur ce je m’endormis. Je ne sûs jamais ce que fît Pierre de sa matinée et de sa journée. Je ne le sus jamais car ne le créeai point. Le fait de ne pas créer une partie de cette journée, donnait à Pierre un côté encore plus imprévisible. Même-moi, l’auteur, n’avait pas l’info durant ce début de journée. Qu’avait-il fait, qu’avait–il pensé ? Toujours est-il qu’il était 19h30 lorsque je vis Pierre à l’angle du boulevard et de la rue Saint-Anne. Il consommait un café crème au petit bar situé juste en face de cette rue. Il pouvait de cette place voir les allées et venues de cet immeuble. Après son crème, il prît un perrier pour patienter. Pierre ne buvait jamais d’alcool, et était de nature plutôt patient. Impassible, neutre, le regard fixé sur l’entrée du bâtiment, tel était-il lorsqu’il vu sortir la belle inconnue. Elle rejoignit la station de métro et prît la ligne sept jusqu’à la station Jacques Bonsergent. Une fois à l’extérieur, elle remonta la rue de Lancry. Juste derriére, à quelques pas, discret et calme Pierre la suivait. A ce moment, son seul souhait était que la brune ne rentre pas dans un immeuble, chez un particulier. Il avait tant envie de la voir, de l’observer ; de l’admirer. Il voulait faire monter le désir, la tension. Il espérait du plus profond de son être qu’elle rejoigne, un lieux public. Son souhait fût exaussé. La belle inconnue fît tînter le carillon de « La Patache » bar typique du 10e arrondissement, ou le demi coule à flot et les cigarettes jaunissent les murs. Pierre prît place dans un coin discret de la salle. Il commenda un jus de tomates assaisonné au sel de céléri, puis l’observa. Il observa pendant prés de trois heures, celle qui allait devenir sa proie. Deux heures du matin, fermeture du bar. La jolie brune sort du bar, finie sa discussion avec son groupe d’amis, et Pierre à l’angle de la rue de surveiller cette fin de soirée. Encore une fois il espére qu’elle repartira seule. Blotti dans son coin, Pierre commence a être esclaves de ses pulsions. D’ou viennent-elles ? Pierre ferme doucement les yeux et se rappel. Il se rappel ce dortoir dans sa jeunesse, à l’internat. Il se rappel ce soir de Novembre ou allongé dans son lit il ne dormait pas. Il fait nuit noire, les autres enfants semblent dormir. La porte du dortoir s’ouvre laissant entrer le faisceau de lumiére venant du couloir. Pierre ne dort pas, il reconnaît dans la pénombre, Jacques son gentil moniteur. Ce dernier scrute d’un œil rapide les enfants endormis, puis son regard se pose sur Pierre ; enfant innocent et sans défense. Après avoir vu le jeune Pierre éveillé, le moniteur lui sourit, lui parle ; et commence à monter la courte échelle du lit superposé donnant accés à l’intimité de notre Pierre. Pierre ne sait pas. Pierre ne pense pas à la suite, il ne pense pas à ce moment précis que cette personne, cette scéne fera partie de sa vie à tout jamais. Jacques toujours souriant et avenant, se glisse dans les draps qui recouvrent le jeune garçon. Sa main d’adulte velue et rugueuse longe le corps frêle de notre innocente victime. Celui-ci reste figé, ne comprenant pas la gravité de l’acte qui se déroule. Puis, quand la main du monstre arrive au sexe de l’enfant, ce monstre, ce briseur de vie ; ce meutrier à long terme le masturbe. Pour la suite, Pierre ne se rappel plus, c’est le trou noir ; le néant. Encore aujourd’hui, il ne sait pas la suite et ne la saura jamais. Voilà ce que Pierre ressentait à ce moment précis, cet acte ; cette nuit ou il aurait dû dormir et ou il ne dormait pas. La brune quitta le groupe accompagné d’un jeune homme blond et élancé. Tout en les suivant, Pierre repris le métro. Arrivée devant la porte du numéro 36 de cette rue, la brune et le blond parlérent tous les deux un long moment. Puis, doucement et docilement, le jeune homme blond prît affectueusement le visage angélique de la jolie brune aux creux de ses mains ; puis l’embrassa. Ils se blotirent tous les deux dans les bras l’un de l’autre. A quelques numéro de là, Pierre les observait et souffrait en silence. La brune se dégagea des bras du jeune homme pour l’embrasser, puis elle lui prît la main. En le regardant d‘un air tendre, elle ouvrît la porte de l’immeuble, et entraîna son doux complice derriére le vert bouteille de la porte. Devant cette scéne, Pierre se laissa tomber à genoux. La tête dans les mains, il laissa échapper de lourds sanglots. Ce drame dont il fût victime avait considérablement dégradé ses relations sexuelles. Depuis plus de deux ans, il souffrait d’impuissance. Quelque soit sa partenaire, la moindre main sur son corps le paralysait. Ces flashs ces images cette voix cet horrible souvenir de cette main sur son sexe, le privait de toute érection. Après tout ces échecs ces blessures après toutes ces humiliations, son désir sexuel se transformait en désirs de violences ; en frustrations !!Depuis quelques temps, il n’arrivait plus a contenir ses pulsions, ses désirs interdits. Il se sentait glisser vers l’irrémédiable, vers le point de non retour. Il ne voulait pas, il haîssait ces et ses horribles spasmes, il avait peur pour lui ; peur pour les autres. Il n’avait plus la force de se battre et ne voulait pas se rendre complice de son bourreau. Il se voyait perpétrer ce cycle infernal, contaminer une nouvelle victime. Effondré parterre, les yeux rouges de larmes et de douleurs, Pierre était épuisé. Il regarda pendant quelques secondes la porte du numéro 34, et sentît bien que ce soir-là il aurait pû. Il aurait pu commettre l’acte irréparable rentrer dans la spirale des ses tentations. Il avait la sensation d’avoir sauvé une victime, d’avoir livré son dernier combat. Il fixa le sol un instant, et reprit sa route. Il s’engouffra dans la station de métro, prit place le long du quai ; puis observa l’ouverture du tunnel d’ou allait jaillir la grosse machine de fer. 00h38, le métro arrive dans son bruit habituel. Pierre fît un pas supplémentaire sur le quai pour se retrouver prés du vide. Il eu une vison, une image. Il vit le sourire de son pére, de sa mére et de sa jolie soeur. Il se vît lui enfant jouant dans un jardin, heureux ; puis tout son corps se figea. Une image idéterminée noircie tout son être, une sensation horrible, cette main sur son corps. Le métro se situait à deux métres de lui. La seconde d’après Pierre fît un pas dans le vide pour tomber sur les rails. Pierre n’aura plus jamais de mauvaises pensées. Il n’aura plus jamais ce frisson glacial qui a anéanti et monopolisé toute sa jeunesse. Pierre ne sera jamais bourreau, mais restera à jamais victime.
Je relus mon travail le soir même, et jugeai que tout était dit.
Note de l'auteur: bien sûr ce texte comporte son lot de fautes d'orthographe qui seront anéanties trés bientôt. Cette version n'est pas définitive de toute façon.
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